Soldes et surconsommation : sont-elles les meilleures amies ?

by Grégoire GERARD

Fin du Black Friday

Soldes, promotions, blackfriday, frenchdays, rabais exceptionnels, codes promos… nous sommes biberonnés à ces opérations commerciales depuis toujours. De notre côté, lorsque nous achetions notre dernier pull en soldes, nos sentiments étaient différents :

  • Camille était satisfaite : elle venait de faire une économie pour un pull qu’elle désirait vraiment depuis longtemps. Elle aime prendre son temps et chaque choix est réfléchi. Les soldes sont donc une période de concrétisation avec une économie de 20% au minimum à la clé.
  • De mon côté (Grégoire), je me sentais floué : Je suis d’un naturel plutôt impatient et spontané et je suis incappable de me remettre un achat au lendemain. J’achète donc souvent le pull la veille des soldes…  20% plus cher.

Pourquoi nous n’achetons plus nos pulls en soldes ?

  • Premièrement car nous venons d’aménager à Marseille...les achats de pulls ne sont plus notre priorité...
  • Plus sérieusement, nous adoptons à présent une démarche de consommation responsable au quotidien et la majorité des marques engagées que nous suivons ne proposent pas de période de soldes ou de blackfriday. 

Pourquoi nos marques préférées ne proposent plus de promotions ?

Pour offrir le prix juste toute l’année, éviter la surconsommation et la diminution de la qualité et durabilité des produits. La preuve en quatre points.

1 | LES SOLDES IMPACTENT LA DURABILITÉ DES PRODUITS

Afin de fabriquer des produits pouvant être vendus à “-60%” la solution est finalement assez simple :

  • Le prix de vente intègre dès le départ les différentes remises planifiées (blackfriday, soldes…). La marge initiale est donc gonflée afin de pouvoir vendre, en soldes, tout en restant bénéficiaire.
  • Pour tenir ces marges gourmandes, les coûts de production sont tirés au plus bas, entraînant des sacrifices sur la qualité des produits ne pourront pas tenir dans le temps …créant un nouveau besoin pour les prochaines soldes.

2 | LE VRAI COÛT DES PRIX BAS EST SOCIAL

Pour se permettre d’afficher des prix soldés, les productions sont souvent délocalisées dans des pays où : 

  • La main-d'œuvre est moins chère.
  • Le droit du travail est une notion parfois vague.
  • Les conditions de travail sont souvent difficiles.
  • L’âge légal pour travailler n’est clairement pas de 18 ans…

 Pour vous faire une idée plus précise de l’impact social des soldes, quelques chiffres parlants : 

Le salaire moyen mensuel en France est estimé à 2238 euros en 2019, contre 885 euros en Chine, 846 euros au Portugal, 391 euros en Inde et 260 euros en Indonésie

Oui, vous avez bien lu, le salaire moyen d’un ouvrier portugais est inférieur à celui d’un ouvrier chinois… et il est dans tous les cas 2,5 fois supérieur en France. Consommer en soldes c’est donc souvent favoriser les emplois délocalisés à bas coûts.

BLACK OR GREEN

3 | LE VRAI COÛT DES PRIX BAS EST ÉCOLOGIQUE

Nous touchons là au point le plus noir du tableau car l’ensemble des étapes du cycle de vie du produit est impactée par les soldes : 

  • Matière extraite non recyclée et importée, afin de diminuer les coûts.
  • Production dans des pays où l'énergie alimentant les usines est rarement renouvelable. En 2018, 61,9% de l’électricité chinoise était issue des centrales à charbon et 19,1% à partir du pétrole [Source wikipedia]
  • Transport énergivore, au regard des milliers de kilomètres parcourus.
  • Durée de vie limitée, au regard de la qualité. Et c’est ici le point le plus important : le meilleur moyen de diminuer l’impact de la production d’un objet est de maximiser sa durée d’utilisation…
  • Fin de vie non anticipée, avec des pièces de rechange non disponibles et une filière de recyclage non adaptée à certaines matières et colles importées.

4 | LES SOLDES POUSSENT A LA SUR CONSOMMATION

Plus on achète, plus on abandonne. Greenpeace nous alertait déjà en 2017 sur le lien entre les soldes et la consommation des ménages : au niveau mondial, sur les vingt dernières années, la production de textile a été multiplié par deux. Cette tendance a de lourds impacts en matière de production mais également de traitement des déchets… Mais plusieurs motifs d’espoir existent :  

  • De plus en plus de consommateurs changent leurs habitudes et selon les résultats du baromètre 2019 du cabinet Greenflex et de l’ADEME : 57 % des Français estiment qu’il faut revoir notre système économique et sortir du mythe de la croissance infinie ... ce chiffre marque un tournant car c’est la première fois depuis 2004 que plus d’un français sur deux adopte cette position.
  • Le Black friday incarne le paroxysme de la sur-consommation et nous ne pouvons que féliciter la belle démarche de la CAMIF, qui lors de ce vendredi noir pour la planète coupe totalement son site et ses ventes. 

Chez TRÈS., nous sommes persuadés que les coups promotionnels appartiennent au temps d’avant. Nous, consommateurs, souhaitons payer le prix juste toute l’année et soutenir des filières vertueuses. En témoignent les très bonnes initiatives de “c’est qui le patron”, enercoop, la nouvelle agriculture, hoopal...


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